Chroniques d'insomnie

1.29.2007

Et volent les noix de grenoble

Qui donc dans la vie achète des noix de grenoble avec la coquille, je vous le demande. Mis à part, bien entendu, ma maman qui les met dans un grand bol au chalet avec plein d'autres noix que personne ne mange jamais et qui sont donc toutes là depuis au moins 6, 7 ans et donc que personne ne mange jamais et donc.... Vous voyez: c'est comme la saucisse Hygrade.

Je vous le demande, alors, qui donc, hormis maman, achète ces noix de grenoble? Eh bien, moi, eh oui, moi ô pôôôôôvre moi.

Un peu parce que j'avais du temps à perdre à l'épicerie, un peu parce que c'était moins cher au poids (oui, mais ça c'était sans compter le poids de la coquille...), un peu parce que le sac était beau, et aussi surtout parce que j'essayais d'acheter des produits non transformés à l'épicerie, question de suivre les modes de consommation des bien-pensants lecteurs du Devoir et de leurs scoops qu'ils nous sortent chaque week-end. Cette semaine, c'était : bientôt les fourchettes n'existeront plus. Enfin, enfin, enfin.

Toujours est-il que des CRISSE noix de grenoble, ben, ça se casse pas. C'est dur, c'est gros, ça éclate partout, ça fait des dégâts... C'est pour ça, voyons, que toute personne normalement constituée - et qui désire le demeurer, le cassage des noix étant une activité périlleuse - achète des noix de grenoble déjà cassés, toute belles, dans un petit pot.

Exit mes belles considérations d'alimentation éthique. Exit l'impression de me nourrir à la source de la terre. Exit l'impression de passer outre la manipulation excessive des aliments. Exit le côté bucolique d'utiliser un casse-noisette, outil que j'ai d'ailleurs dû me procurer pour casser les dites noix.

C'est donc dire qu'en plus de devoir acheter un casse-noisette (5,95$), et les noix (5,50$), je me suis fait fourrer en ayant l'impression que j'économisais (ça n'a pas de prix). Dans toute cette histoire, je suis donc perdante de 19999999,99$. C'est-ti pas beau, ça?

Un peu plus, je serais une grosse Américaine pis je poursuivrais la compagnie de noix. Et celle du casse-noisette. Mais ce serait sans compter tout le plaisir que j'ai eu à voir voler les noix partout dans ma cuisine et mon chat qui court après les écailles et mon pouce que j'ai failli sectionner avec le casse-noisette et les coquilles de noix que j'ai découvertes dans mes cheveux une demi-heure plus tard. Non, mais.... elle est pas belle, la vie?