L'Autre / The Other
Aujourd'hui, j'ai réalisé que je ne connaissais rien des Anglos. Au travail, j'ai passé la journée avec une nouvelle, Jessica, une anglo typique. Typique, je vous dis: un joli petit accent, une difficulté incontrôlée à tomber sur le bon genre du nom, des cheveux bruns-roux, une guitariste qui joue dans un band d'indie rock comme elle l'appelle, qui vit dans le Mile-End, qui étudie à Concordia....
Vous savez le pire ? Je l'ai adorée.
Bon, bon, ne me traitez pas de tous les noms, ne me jetez pas de pierres. De toute façon, que celui qui n'a jamais parlé contre les Anglais me lance la première. Mais je n'ai aucun ami anglophone. Pas les mêmes écoles, pas les mêmes quartiers, pas les mêmes bars, pas les mêmes intérêts, en fin de compte.
N'empêche que la Jessica, elle m'en a fait réaliser des choses. Et surtout à quel point nous sommes différents d'eux. Elle vient de la même ville que moi et me faisait pourtant mille fois plus penser aux moniteurs de mon groupe d'immersion en anglais de Vancouver qu'aux autres Montréalais.
Elle écoute CBC Radio 3, moi j'écoute Bande à part.
Elle appelle son style de musique indie rock, moi j'appelle ça, rock indépendant.
Elle me trouve inculte de ne pas connaître Sonic Youth et Blonde blonde Redhead. Moi je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse vivre au Québec, être jeune, et ne pas connaître Karkwa ou Pierre Lapointe.
Elle a vécu à Halifax et Toronto, moi j'ai jamais vécu ailleurs qu'à Montréal. Ça c'est une grosse différence. Les Canadiens sont comme les Américains. La mobilité au sein de leur propre pays, ça les connaît. Alors que pour nous, ce serait toute une histoire de partir vivre à Charlottetown ou à Kamloops ou à Saskatoon, pour eux, entre Toronto et Montréal, c'est du pareil au même. Le même pays, le même argent, disent-ils. Mais les mêmes gens ? Moi je dis que non.
Tout ça pour dire que j'ai eu l'impression de découvrir, véritablement et sans aucune insinuation politique là-dedans, une autre culture. Parler avec l'Anglo, c'est du tourisme sédentaire. Et puis j'aime ça, voyager dans ma propre ville. Des fois on pense tellement que Montréal nous appartient. Ça fait du bien de voir que d'autres aussi l'habitent.
Vous savez le pire ? Je l'ai adorée.
Bon, bon, ne me traitez pas de tous les noms, ne me jetez pas de pierres. De toute façon, que celui qui n'a jamais parlé contre les Anglais me lance la première. Mais je n'ai aucun ami anglophone. Pas les mêmes écoles, pas les mêmes quartiers, pas les mêmes bars, pas les mêmes intérêts, en fin de compte.
N'empêche que la Jessica, elle m'en a fait réaliser des choses. Et surtout à quel point nous sommes différents d'eux. Elle vient de la même ville que moi et me faisait pourtant mille fois plus penser aux moniteurs de mon groupe d'immersion en anglais de Vancouver qu'aux autres Montréalais.
Elle écoute CBC Radio 3, moi j'écoute Bande à part.
Elle appelle son style de musique indie rock, moi j'appelle ça, rock indépendant.
Elle me trouve inculte de ne pas connaître Sonic Youth et Blonde blonde Redhead. Moi je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse vivre au Québec, être jeune, et ne pas connaître Karkwa ou Pierre Lapointe.
Elle a vécu à Halifax et Toronto, moi j'ai jamais vécu ailleurs qu'à Montréal. Ça c'est une grosse différence. Les Canadiens sont comme les Américains. La mobilité au sein de leur propre pays, ça les connaît. Alors que pour nous, ce serait toute une histoire de partir vivre à Charlottetown ou à Kamloops ou à Saskatoon, pour eux, entre Toronto et Montréal, c'est du pareil au même. Le même pays, le même argent, disent-ils. Mais les mêmes gens ? Moi je dis que non.
Tout ça pour dire que j'ai eu l'impression de découvrir, véritablement et sans aucune insinuation politique là-dedans, une autre culture. Parler avec l'Anglo, c'est du tourisme sédentaire. Et puis j'aime ça, voyager dans ma propre ville. Des fois on pense tellement que Montréal nous appartient. Ça fait du bien de voir que d'autres aussi l'habitent.

3 Comments:
Welcome in Montreal ! hehe
depuis deux ans, je vie dans un quartier anglo. Beaucoup d'étudiants venus du ROC, des USA ou du West Island, et qui restent dans le coin après avoir lâchés leurs études. Des musiciens, des gens qui "refusent le système" aussi...
et j'adore ça !
À Montréal, il y a vraiment deux cultures qui vivent une À CÔTÉ de l'autre. c'est dommage. parce que je suis maintenant certain qu'on ne peut vraiment pas apprécier l'une sans connaître l'autre.
et parler politique avec mes voisins dans nos potlucks organisés chez nous, c'est vraiment cool !
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Anonyme, at 00:36
Parle lui d'émissions populaires comme la petite vie ou star académie, que 3 millions de personnes écoutent, et ce sera du pareil au même.
Il faut se rendre à l'évidence, les francophones et les anglophones ont deux cultures complètement différentes, et il existe véritablement deux solitudes au sein du même pays.
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Qu'àcelanEtienne, at 02:22
moi j'ai des amis anglo. mais en fait ils sont indiens, suédois, italiens...bref, on parle anglais seulement pour ce comprendre...mais ils vivent dans le ghetto, alors j'imagine que cela compte?
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catherine.motard, at 14:48
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