Chroniques d'insomnie

1.30.2007

L'histoire du chemin méga-extra-giga-rapide

Revenir de chez mon J. en train.
Trouver un chemin méga-extra-giga-rapide qui me fait tomber directement sur la ligne verte en sortant de la gare.
Réaliser que c'est un chemin qui me fait passer par la Place Ville-Marie et le Centre Eaton.
Calculer que ce chemin me fait déambuler devant au moins 267 magasins.
Entrer au Rouet, parce que c'est le super solde Tout à 5$.
Sortir du Rouet avec un super kit de verres à porto et un non moins super kit à fondue au chocolat.
Me dire que rendue là, je pourrais bien aller faire un tour chez Old Navy.
Essayer le magasin au complet. Choisir ça, ça (en rose et gris) et ça. Et aussi ça.
Ajouter 146$ au solde de ma carte de crédit.

Et tout ça par la faute de mon J, de chez qui on peut revenir en train.

1.29.2007

Et volent les noix de grenoble

Qui donc dans la vie achète des noix de grenoble avec la coquille, je vous le demande. Mis à part, bien entendu, ma maman qui les met dans un grand bol au chalet avec plein d'autres noix que personne ne mange jamais et qui sont donc toutes là depuis au moins 6, 7 ans et donc que personne ne mange jamais et donc.... Vous voyez: c'est comme la saucisse Hygrade.

Je vous le demande, alors, qui donc, hormis maman, achète ces noix de grenoble? Eh bien, moi, eh oui, moi ô pôôôôôvre moi.

Un peu parce que j'avais du temps à perdre à l'épicerie, un peu parce que c'était moins cher au poids (oui, mais ça c'était sans compter le poids de la coquille...), un peu parce que le sac était beau, et aussi surtout parce que j'essayais d'acheter des produits non transformés à l'épicerie, question de suivre les modes de consommation des bien-pensants lecteurs du Devoir et de leurs scoops qu'ils nous sortent chaque week-end. Cette semaine, c'était : bientôt les fourchettes n'existeront plus. Enfin, enfin, enfin.

Toujours est-il que des CRISSE noix de grenoble, ben, ça se casse pas. C'est dur, c'est gros, ça éclate partout, ça fait des dégâts... C'est pour ça, voyons, que toute personne normalement constituée - et qui désire le demeurer, le cassage des noix étant une activité périlleuse - achète des noix de grenoble déjà cassés, toute belles, dans un petit pot.

Exit mes belles considérations d'alimentation éthique. Exit l'impression de me nourrir à la source de la terre. Exit l'impression de passer outre la manipulation excessive des aliments. Exit le côté bucolique d'utiliser un casse-noisette, outil que j'ai d'ailleurs dû me procurer pour casser les dites noix.

C'est donc dire qu'en plus de devoir acheter un casse-noisette (5,95$), et les noix (5,50$), je me suis fait fourrer en ayant l'impression que j'économisais (ça n'a pas de prix). Dans toute cette histoire, je suis donc perdante de 19999999,99$. C'est-ti pas beau, ça?

Un peu plus, je serais une grosse Américaine pis je poursuivrais la compagnie de noix. Et celle du casse-noisette. Mais ce serait sans compter tout le plaisir que j'ai eu à voir voler les noix partout dans ma cuisine et mon chat qui court après les écailles et mon pouce que j'ai failli sectionner avec le casse-noisette et les coquilles de noix que j'ai découvertes dans mes cheveux une demi-heure plus tard. Non, mais.... elle est pas belle, la vie?

1.16.2007

Poignées de main et fille mal élevée

Quand on arrive dans un nouveau milieu de travail, on en donne, des poignées de main.
Et mon Dieu que certains donnent de mauvaises poignées de mains.

Les mains trop sèches, trop moites, trop molles, trop dures, celles qui serrent trop longtemps si bien que tu ne sais plus quoi faire de ton corps- normal après 30 secondes à se secouer la main -, les grandes mains crevassées des techniciens, les petites mains froides et humides des jeunes stagiaires tout comme moi, la main confiante du boss...

La pire poignée de main: une dame qui me serre la main si mollement que ça suffit à me donner une mauvaise opinion d'elle.

La pire personne du monde: moi quand je me rends compte que la dame a un genre d'handicap à la main, et que ce n'est pas sa faute. Moi qui rougis intérieurement. Moi qui me traite de conne-pas-de-classe-mal-élevée et n'écoute plus ce qu'elle me dit.

Accompli aujourd'hui

- Été chercher à la boulangerie un gâteau mousse au chocolat (et ce n'est pas moi qui l'ai mangé).
- Versé du champagne dans des flûtes (et ce n'est pas moi qui l'ai bu)
- Re-transcris une pré-entrevue (et ce n'est pas moi qui l'a faite)
- Fait photocopier des articles pour un dossier d'invité (et ce n'est pas moi qui l'ai rédigé).
- Déposé dans une malle toutes sortes d'objets trop cutes pour la maison qui viennent de chez Zone (et ce n'est pas moi qui ai gossé avec)
- Replacé les objets dans leur papier original (ok, personne n'a pu les avoir... Je savais pas qu'on retournait au magasin les cadeaux qu'on donne (ou qu'on fait semblant de donner, plutôt) aux invités...)
- Été éblouie par le plateau, le décor, les gens, les lumières (qui ne servaient pas à m'éclairer...)

Le pire ?
J'ai passé une excellente journée.

Sans blague.

1.13.2007

Je suis une Mini Wheet

Non, je ne suis pas morte. Ni étouffée par quelque honte que ce soit, ni répudiée par les stars de la rue Papineau.

Plutôt, je suis exaltée.

C'est pour ça que je n'ai pas écrit plus tôt. J'aime tellement mon stage que j'ai de la difficulté à m'endormir le soir. Je trippe, je suis motivée, je me sens valorisée. Dire que j'étais du genre à lever le nez sur ce genre d'émission...

Cette semaine, j'ai compris ce qu'était mon métier. Ce pourquoi je suis formée, ce pourquoi je suis capable de me lever tous les matins à 7h. Ce qui fait que j'ai quelque chose à faire de ma vie. Le plus ironique, c'est qu'il n'y a pas de mots, pour le nommer ce métier. Que ce soit recherchiste, journaliste, chroniqueuse, critique, animatrice, communicatrice, communicologue: peu importe. Devant ou derrière la caméra: peu importe. Parler d'Éric Salvail ou du conflit au Darfour: jusqu'à un certain point, c'est du pareil au même.

Collègues du bac, ne capotez pas sur cette comparaison ! Comprenez-moi: c'est la première fois que je fais, quotidiennement, s'entend, et dans la cour des grands, quelque chose qui se rapproche de mon domaine.

Mais n'allez pas croire, non plus, que tout doute soit dissipé ! J'ai comme l'impression que ce dilemme entre mon côté givré et mon côté nutritif fera toujours partie de moi. TVA ou Radio-Can ? Courrier international ou People ? Ma dualité me suit partout. À preuve, aujourd'hui. Je savais que mon après-midi aux chocolats de la Grande Forêt serait bien long, calme de post-Noël oblige. Je suis donc allée m'acheter quelques publications, histoire de passer le temps. Je suis revenue avec Le Devoir et Cosmopolitan.

Qui suis-je alors ? Un perfide mélange de ces deux mondes, irréconciliables quoi qu'on en dise ?
Je vais me faire un brin ésotérique: des fois je me demande si on choisit vraiment quelles voies on prend. Et si c'était la vie qui prenait sournoisement le contrôle, malgré tous nos idéaux et notre bonne volonté ?

1.08.2007

Crise de panique

Il me reste exactement 10 heures avant de commencer mon stage à DFLM. Je panique. Oh my god ! Oh my god ! Oh my god ! Et si je ne suis pas capable ? Et si je ne suis pas bonne ? Et si je n'aime pas ça ? Et si les gens sont pas gentils ? Et si le monde me regarde croche ? Et si le manger de la cafétéria est pas bon ? Et si tout le monde est mieux habillé que moi? Et si je dîne toute seule, pas d'amis seule à ma table avec plein de vedettes de TVA autour de moi qui vont dire: "ah pauvre petite stagiaire boutonneuse recherchiste... On se demande pas pourquoi elle fait pas de la télé...pfffff".... Oh my god ! Oh my god ! Oh my god !

Je ne sais plus comment gérer mon stress. J'ai appelé ma J. (pour la clarté de la chose, mon J. = grand amour, ma J. = grande amitié). Alors ma J. aussi elle commence son stage demain. Il nous arrive plein de petits hasards comme ça, à elle et moi. Genre qu'on s'achète toujours du linge pareil sans se le dire. Genre qu'on participe les deux à un truc du gouvernement pour aller à Vancouver, qu'il y a 3 millions de personnes qui participent, et que les deux on gagne et on est assignés à 15 minutes l'une de l'autre à Vancouver. Genre qu'on va partir les deux en appart en même temps. Enfin. Toujours est-il qu'elle aussi commence sont stage et qu'on s'est téléphonées, et ça m'a aussi stressée, parce qu'elle m'a dit que je devrais me lever plus tôt pour avoir le temps de me préparer physiquement et mentalement. Bon, vous allez me dire qu'un rien me stresse.... Vous avez peut-être raison.

Je suis si anxieuse que j'ai soupé deux fois. (manger, ça calme, surtout en SPM... Parlant de SPM, fallait-tu vraiment que je débute mon stage pendant que je suis SPM et donc de mauvaise humeur et / ou de mauvaise foi?). Je me suis pétée des points noirs (d'où les vedettes de TVA qui vont dire que je suis stagiaire boutonneuse), je me suis défoncée au cours de claquette (le prof m'a demandé si j'étais correcte quand il a vu combien j'étais rouge et essouflée), j'ai bu une tisane à la camomille.

Je ne sais plus quoi faire...

Dehors, il vente fort, est-ce que c'est mauvais signe?
Aujourd'hui, j'ai terminé une bouteille de gel de douche que je traînais depuis des mois, est-ce que c'est mauvais signe?
Sur le site web de Dumas, on peut voir le making-of de son clip Au gré des saisons. Bon ben moi chaque fois que j'appuie sur Play, ça bogue juste quand il a une face de fantôme avec des yeux blancs, est-ce que c'est mauvais signe?
Aujourd'hui, dans le métro, j'ai vu deux policiers qui s'empiffraient de chocolat. Ça m'a fait sourire. Eux ne trouvaient pas ça drôle. Non mais... Voir quelqu'un dans une position d'autorité qui a des besoins primaires, comme nous, comme tout le monde, qui mange du chocolat et qui en a un peu sur le bord de la bouche, vous trouvez pas vous, que c'est le signe d'une faiblesse. D'une belle faiblesse, s'entend. Mais.. est-ce que c'est mauvais signe ? On voit jamais ça, des policiers qui mangent du choco...

Non mais c'est pas vrai, je vais pas finir mon post là-dessus, sur les polices qui s'empiffrent d'autres choses que des beignes.

Alors je vous donne des nouvelles du stage demain.

Si je n'écris rien, c'est que je suis dans le coma, écrasée par les pierres que m'auront lancées les vedettes de TVA, après m'avoir vue, seule et ingrate, dans un coin de la cafétéria.
Adieu, peut-être.